L’image est forte, presque irréelle au vu du contexte. Sur la pelouse du Stade de France, les joueurs du Sénégal ont présenté le trophée de la Coupe d’Afrique des Nations à un public en fusion, quelques instants avant leur match amical face au Pérou.
Dans une enceinte comble et acquise à leur cause, les Lions de la Teranga ont communié avec leurs supporters. Portée par la voix emblématique de Youssou N’Dour, la cérémonie a pris des allures de célébration nationale.
Kalidou Koulibaly et Édouard Mendy, figures majeures de la sélection, ont brandi le trophée devant les officiels, dans une atmosphère électrique.
Un moment de fierté pour les supporters sénégalais… mais loin de faire l’unanimité.
Derrière cette célébration se cache une situation particulièrement tendue. Quelques jours plus tôt, la Confédération africaine de football a pris une décision lourde de conséquences : annuler le titre du Sénégal et attribuer la victoire au Maroc, sur tapis vert, à la suite des incidents survenus en finale.
Une pression juridique venue du Maroc
Dans ce climat explosif, la parade organisée à Paris n’est pas passée inaperçue. Des représentants juridiques marocains ont même tenté d’empêcher la cérémonie, estimant qu’elle reposait sur un titre désormais invalide.
Des mises en demeure auraient été adressées aux organisateurs du stade et aux partenaires impliqués dans l’événement, pointant une possible responsabilité dans cette mise en scène contestée.
Malgré ces pressions, la sélection sénégalaise a maintenu sa position, assumant pleinement cette célébration devant près de 70 000 spectateurs.

Un choix fort, à la fois symbolique et politique, qui traduit la volonté des joueurs et de la fédération de défendre leur version des faits.
Un climat sous tension avant le match
Dans ces conditions, difficile de parler d’un simple match amical face au Pérou. L’événement dépasse largement le cadre sportif.
Entre fierté nationale, bataille juridique et tensions diplomatiques, cette soirée au Stade de France restera comme l’un des épisodes les plus marquants — et controversés — du football africain récent.
Une chose est sûre : au-delà du terrain, le feuilleton de cette CAN est loin d’avoir livré son dernier chapitre.