Il y a des finales qui marquent une saison… et d’autres qui s’inscrivent directement dans l’histoire. Celle-ci appartient clairement à la seconde catégorie. Au terme d’un combat haletant, la Real Sociedad a renversé l’Atlético de Madrid pour décrocher la Coupe du Roi 2026, au bout du suspense (2-2, 4-3 t.a.b.). Une consécration méritée pour les Basques, qui mettent fin à une finale irrespirable et privent les Colchoneros d’un titre qu’ils pensaient à portée.
un départ canon qui donne le ton
Tout s’est passé au stade de Séville, la rencontre a démarré sur un rythme complètement fou. À peine le coup d’envoi donné, la Real Sociedad frappait déjà. Sur une action parfaitement construite côté gauche, Gonçalo Guedes déposait un centre millimétré sur la tête d’Ander Barrenetxea, qui ne laissait aucune chance à Juan Musso. 14 secondes de jeu, et déjà un avantage basque : une entame rêvée.
Mais l’Atlético, fidèle à son ADN, n’a pas tardé à réagir. Sous l’impulsion d’un Antoine Griezmann inspiré, annoncé sur le départ vers Orlando City d’ici peu, les Madrilènes ont rapidement repris le contrôle du tempo. Servi à l’entrée de la surface, Ademola Lookman a remis les deux équipes à égalité d’une frappe limpide (1-1, 19e).
La bataille tactique s’est ensuite intensifiée, chaque équipe cherchant la faille sans se découvrir totalement. Mais juste avant la mi-temps, un tournant a basculé la rencontre. Sur un coup franc de Carlos Soler, la sortie hasardeuse de Musso a provoqué un penalty logique, transformé avec sang-froid par Mikel Oyarzabal (2-1, 45e+1).
La Real Sociedad regagnait les vestiaires avec un avantage précieux, récompensant son réalisme et sa capacité à punir les erreurs adverses.
L’Atlético pousse… et finit par revenir
Au retour des vestiaires, le scénario était clair : l’Atlético allait pousser, le Real allait résister. Avec plus de 70% de possession et une pression constante, les hommes de Diego Simeone ont assiégé le camp basque. Mais entre maladresse et solidité défensive adverse, le verrou tenait.
Il a fallu attendre les dernières minutes pour voir la situation se débloquer. Sur une action rapide, Thiago Almada servait Julián Álvarez, qui réalisait un geste de grande classe avant d’envoyer une frappe imparable dans la lucarne (2-2, 83e).
Le match était relancé, et la finale totalement ouverte.
une prolongation sous tension
Revigoré, l’Atlético a tenté de faire la différence avant la séance de tirs au but. Mais entre les occasions manquées de Marcos Llorente, Alexander Sørloth ou encore une frappe sur la barre d’Álvarez, la réussite fuyait les Madrilènes.
De son côté, la Real Sociedad a également eu sa chance, notamment par Takefusa Kubo, sans parvenir à faire basculer la rencontre.
Comme souvent dans ce type de finale, tout s’est joué sur une séance de tirs au but irrespirable. Et à ce jeu, la Real Sociedad s’est montrée plus lucide. Après plusieurs tentatives manquées côté madrilène, c’est Pablo Marín qui a offert la victoire aux siens, déclenchant une explosion de joie côté basque.
une victoire historique et des regrets madrilènes
Avec ce succès, la Real Sociedad remporte la quatrième Coupe du Roi de son histoire (1909, 1987, 2020, 2026) et confirme son retour au premier plan du football espagnol. Solide, disciplinée et efficace dans les moments clés, l’équipe basque a su faire preuve de caractère pour venir à bout d’un Atlético pourtant dominateur par séquences.
Côté madrilène, la désillusion est immense. Malgré une réaction d’orgueil et une domination globale en seconde période, les hommes de Simeone paient leur manque d’efficacité dans les moments décisifs. Pour Antoine Griezmann, cette finale pourrait laisser un goût particulièrement amer, lui qui espérait ajouter une nouvelle ligne à son palmarès.
Au-delà du résultat, cette finale restera comme l’une des plus spectaculaires de ces dernières années : du rythme, des buts, du suspense et une issue incertaine jusqu’au bout. La Real Sociedad a su saisir sa chance et écrire une nouvelle page de son histoire, tandis que l’Atlético devra rapidement digérer cette énorme désillusion.
Le football, dans toute sa cruauté… et sa beauté.