Champion d’Angleterre après 22 ans d’attente, Arsenal a failli réaliser le doublé historique. Mais la finale de Budapest a exposé crûment les limites des Gunners face au PSG. Arteta l’a dit, Carragher l’a répété : le secteur offensif doit être repensé de fond en comble. Le mercato estival s’annonce décisif.
Il faudra du temps pour digérer Budapest. Arsenal revenait de loin 22 ans sans titre en Premier League, une réputation de grand club maudit et voilà qu’il s’offrait le championnat avant de s’inviter en finale de Ligue des Champions. Un tir au but d’Eze, un autre de Gabriel, et le rêve s’est évaporé. Pourtant, dans les vestiaires londoniens, on ne broie pas du noir. On analyse, on prépare, on reconstruit.
Car Arteta l’a bien compris : cette finale n’était pas seulement une occasion manquée. C’était un diagnostic. Et les chiffres sont impitoyables.
« La meilleure équipe du monde » – et Arsenal l’a subi
Face au PSG, les Gunners n’ont jamais vraiment existé avec le ballon. Selon The Sun, Arsenal n’a contrôlé que 24,7 % de la possession – le plus faible taux enregistré par une équipe en finale de Ligue des Champions depuis la saison 2003-04. Pendant ce temps, Vitinha, à lui seul, compilait 141 passes. L’ensemble des joueurs d’Arsenal, remplaçants compris, n’en totalisait que 196. Un gouffre technique qui dit tout.
Arteta n’a pas cherché à fuir cette réalité. Il l’a assumée avec une lucidité désarmante :
« À mon avis, c’est la meilleure équipe du monde. Ce qu’ils sont capables de faire avec le ballon, avec des actions individuelles, je ne l’ai pas vu. Ce n’est pas prévu de jouer dans certaines zones quand on n’a pas le ballon mais ils vous y obligent. »
Arsenal a dû défendre, subir, et espérer un plan trop passif pour décrocher la plus belle des coupes.
L’attaque, talon d’Achille d’un club ambitieux
L’été dernier, Arsenal avait pourtant mis la main au portefeuille. Eze, Madueke, Gyokeres près de 180 millions de livres sterling investis dans le secteur offensif. Précieux pour conquérir la Premier League, ces trois recrues se sont retrouvées sur le banc au soir de la finale la plus importante de la décennie. Un paradoxe qui n’a échappé à personne – et certainement pas à Jamie Carragher, cinglant dans son analyse :
« La seule façon dont Arsenal a joué ce soir était la seule façon dont ils auraient pu jouer pour essayer de battre le PSG. Ils n’ont pas assez de qualité en attaque. Ils ont besoin de meilleurs attaquants. »
Malgré l’ouverture du score de Kai Havertz, l’attaque londonienne n’a pas pesé dans les moments décisifs. Et selon The Times, Arteta en a tiré les conclusions : il veut des joueurs créatifs, capables de faire basculer un match seuls, à l’image de ce que le PSG produit semaine après semaine. Des profils qui pressent, qui déstabilisent, qui créent quelque chose à partir de rien.

Un mercato ciblé, une ambition affichée
Selon The Times, plusieurs pistes sont déjà identifiées. En attaque, Julián Álvarez restait l’option rêvée mais la concurrence du Barça et du PSG a refroidi les espoirs londoniens. Junior Kroupi (Bournemouth) devient une alternative sérieuse. Sur le flanc gauche, Anthony Gordon a filé au Barça un coup dur. Arsenal suit désormais Morgan Rogers (Aston Villa) et s’est vu proposer Rafael Leão (AC Milan), un profil explosif qui saurait apporter cette imprévisibilité qui manque tant aux Gunners. Igor Thiago (Brentford) est également dans le radar en pointe.
Dans l’entrejeu, les noms de Mateus Fernandes (West Ham), Sandro Tonali (Newcastle) et Ayyoub Bouaddi (Lille) circulent. En défense, Castello Lukeba (Leipzig) est cité pour renforcer l’axe central et préparer l’avenir. Du côté des départs, l’avenir de Martinelli, Trossard et Gabriel Jesus est incertain Arsenal veut faire le ménage pour mieux reconstruire.
Pas une révolution
Ce que prépare Arteta n’est pas une remise à plat totale. Les fondations sont solides, la défense est une référence, et le titre de champion d’Angleterre reste un socle précieux. Mais sur ce socle, l’entraîneur espagnol veut poser quelque chose de nouveau : plus de créativité, plus d’audace, plus de capacité à dominer les grands matchs plutôt qu’à les subir. Selon ses propres mots, « nous allons devoir faire preuve d’ambition, car nous en sommes plus que capables. » La direction a les ressources financières pour y répondre. Il ne reste plus qu’à trouver les bons joueurs et à espérer que la prochaine finale, si elle arrive, se joue avec un visage différent. Un visage qui ressemble un peu plus à celui du PSG.