Un mois après une double fracture à la mâchoire, des questions sur sa sélection, un masque de protection sur le visage et face aux Pays-Bas, Luca Zidane a tout balayé d’une seule performance. Six arrêts, un clean sheet, et l’Algérie qui prend confiance avant le Mondial.
Il y a des matchs qui valent tous les discours. Mercredi soir, Luca Zidane en a livré un. Face aux Pays-Bas, dans un match amical qui n’était officiellement qu’un galop d’essai, le gardien de Grenade avait une mission autrement plus importante que les trois points : prouver qu’il était là, qu’il était entier, et que le pari de Vladimir Petkovic de l’emmener au Mondial était justifié. Mission accomplie et avec éclat.
Le 26 avril dernier, lors de la défaite de Grenade face à Almeria (4-2), Zidane quittait la pelouse sur une civière, touché à la mâchoire double fracture et blessure au menton. Le choc était brutal, l’inquiétude immédiate. Une opération plus tard, il rassurait ses proches via Instagram : « L’opération s’est très bien passée, plus de peur que de mal, je serai de retour très prochainement. » Mais entre les promesses et le terrain, il y a toujours un doute.
Une sélection qui avait fait grincer des dents
Petkovic avait pris un risque assumé. En convoquant Luca Zidane pour la Coupe du Monde malgré une absence prolongée des terrains et une incertitude médicale réelle, le sélectionneur avait suscité des interrogations légitimes. Fallait-il l’emmener avec un masque de protection ? Comment un gardien peut-il aller au contact dans ces conditions ? La liste à 27 joueurs, avec quatre gardiens convoqués, n’avait pas dissipé les doutes certains y lisaient même la preuve que le technicien voulait voir de ses propres yeux avant de trancher.
Hier soir, il a eu sa réponse. Et elle était sans appel.
Six arrêts, un casque, et les Néerlandais écœurés
Titulaire d’entrée, Zidane n’a pas mis longtemps à entrer dans le vif du sujet. Sauvé par son poteau sur une tentative de Malen en début de match, il a ensuite pris le match à bras-le-corps. Arrêts sur Gakpo, sur Reijnders des noms qui pèsent lourd en attaque sorties décidées, présence dans les duels. Casque de protection vissé sur le crâne, le fils de Zizou a joué sans retenue, sans peur, avec une autorité qui a fermé la bouche à tous les sceptiques.
La presse algérienne n’a pas boudé son plaisir. Compétition a salué un Zidane « particulièrement inspiré », tandis que DZ Foot lui a attribué un 9/10 pour « un match extraordinaire avec pas moins de six arrêts. » Petkovic, lui, était soulagé autant que satisfait : « Je suis content pour Zidane qui a démontré que sa blessure était passée.« Même du côté néerlandais, Virgil van Dijk a reconnu, en creux, que son équipe avait buté sur quelque chose ou quelqu’un.
« Jouer une Coupe du Monde, c’est ce qu’il y a de plus beau »
Après le coup de sifflet final, Zidane a pris la parole avec la même sobriété que sa prestation. « Je suis de retour sur le terrain et ça va. Je suis très content. C’est plutôt la prestation de l’équipe qu’il faut mettre en valeur. » Collectif d’abord une posture qui tranche avec l’image du fils de star qu’on cherche parfois à lui coller.

Sur le Mondial qui s’annonce, les mots sont simples mais portent :
« Jouer une Coupe du Monde, pour un footballeur, c’est ce qu’il y a de plus beau. Pouvoir représenter son pays, avec la famille qui est derrière moi, et tout le peuple algérien, c’est vraiment une fierté. »
Le 17 juin, l’Algérie entre en lice face à l’Argentine. Un premier test de haute volée et Luca Zidane sera là, masque ou pas, pour défendre les couleurs des Fennecs. Après ce qu’il a montré mercredi, personne ne s’en plaindra.


