Coup de théâtre à moins d’un mois du coup d’envoi. Washington pose ses conditions à la sélection congolaise : 21 jours d’isolement strict avant toute entrée sur le sol américain. Kinshasa répond : non.
Il y a une semaine, le feu vert semblait acquis. Les États-Unis avaient autorisé la République démocratique du Congo à participer à la Coupe du monde malgré l’épidémie d’Ebola qui frappe plusieurs pays d’Afrique centrale. Mais vendredi, la Maison Blanche a précisé les termes de cette autorisation et ils sont pour le moins contraignants.
⚠️Exigence officielle des États-Unis : la sélection congolaise doit s’isoler dans une « bulle » sanitaire fermée pendant 21 jours consécutifs avant d’être autorisée à entrer sur le territoire américain et à jouer à Houston le 11 juin.
C’est Andrew Giuliani, responsable de l’équipe de la Maison Blanche chargée du suivi de la compétition, qui a annoncé la mesure à ESPN. Le message est limpide : pas de bulle, pas de Mondial. Pour respecter ce délai de 21 jours, la sélection congolaise actuellement en stage de préparation en Belgique aurait dû se placer sous isolement strict dès ce vendredi même.
Andrew Giuliani – Maison Blanche, à ESPN
« Nous avons été très clairs avec le Congo : ils doivent maintenir l’intégrité de leur bulle pendant 21 jours avant de pouvoir venir à Houston le 11 juin. Si d’autres personnes viennent rejoindre la sélection, elles doivent avoir une bulle distincte. Si l’une d’elles devient symptomatique, elle fait courir le risque à toute l’équipe de ne pas pouvoir participer au tournoi. »
Kinshasa refuse de plier
Contre toute attente, la réponse congolaise est arrivée dès le lendemain et elle est sans équivoque. La fédération a confirmé qu’elle n’entend pas modifier son programme de préparation. Deux matchs amicaux restent au calendrier : face au Danemark à Liège le 3 juin, puis contre le Chili à Cadix le 9 juin. Des rencontres jugées indispensables pour peaufiner la préparation avant une phase de groupes exigeante.
« La RDC ne va pas changer son programme. Les matchs de préparation restent maintenus, quelles que soient les conditions posées par Washington. »
Un bras de fer s’engage donc entre les exigences sanitaires américaines et le droit sportif d’une nation à préparer sa compétition comme elle l’entend. La tension est réelle : chaque match amical joué hors bulle est un nouveau compte à rebours relancé. Si la RDC joue à Liège le 3 juin, les 21 jours d’isolement ne seraient plus tenus avant le 11 juin à Houston. L’arithmétique est implacable.
Un calendrier sous haute tension
- 3 juin
- RDC – Danemark · Liège, Belgique Prépa Hors bulle
- 9 juin
- RDC – Chili · Cadix, Espagne Prépa Hors bulle
- 11 juin
- Arrivée prévue à Houston · Camp de base Texas J-0
- 17 juin
- RDC – Portugal · Houston Groupe K
- 23 juin
- RDC – Colombie · Guadalajara, Mexique Groupe K
- 27 juin
- RDC – Ouzbékistan · Atlanta Groupe K
Derrière la question sanitaire se dessine un enjeu bien plus vaste : celui de l’équité sportive. Imposer à une sélection africaine des contraintes sans équivalent pour aucune autre nation qualifiée soulève des questions profondes sur le traitement réservé au continent. La FIFA, pour l’heure, n’a pas pris position publiquement sur ce différend entre Washington et Kinshasa.
Le compte à rebours est lancé et le scénario reste ouvert. D’ici au 11 juin, les négociations entre la Maison Blanche, la FIFA et la fédération congolaise s’annoncent décisives. La RDC peut-elle participer à son premier Mondial depuis 1974 ? Tout dépendra de la flexibilité de Washington ou de la fermeté de Kinshasa. Un bras de fer diplomatique et sportif, en direct, à moins d’un mois de la plus grande compétition du monde.
