Il aura suffi d’un communiqué pour faire voler en éclats l’idée d’un front uni contre Gianni Infantino. Alors que l’UEFA et la CONCACAF claquent la porte au projet de vente de parts de la Coupe du monde, la Confédération africaine de football, elle, prend soin de la laisser entrouverte.
Deux lectures d’une même proposition
D’un côté, une opposition frontale, assumée, qui dénonce une manœuvre financière déguisée en consultation. De l’autre, une confédération qui préfère parler d’étude et de dialogue.
La CAF a confirmé ce mercredi avoir reçu la proposition baptisée « FIFA Forward Enterprise » et annonce vouloir « examiner et évaluer l’initiative » lors de son prochain Comité exécutif.
Une formulation prudente, presque technocratique, qui tranche nettement avec la sévérité des mises en garde européennes et nord-américaines de ces derniers jours.
L’instance africaine ne s’arrête pas à une simple prise de connaissance : elle invite ses associations membres à participer activement au processus de consultation, tout en insistant sur son souhait de continuer à coopérer étroitement avec l’ensemble des parties prenantes du dossier.
Un calcul financier qui n’a rien d’anodin
Difficile de dissocier cette ouverture d’un contexte où l’argent pèse lourd dans la balance. Le projet porté par Infantino promet aux Fédérations qui l’approuveraient une enveloppe individuelle conséquente, financée par un fonds global qui pourrait atteindre plusieurs milliards de dollars.
Pour des associations africaines aux moyens souvent limités, la tentation de saisir une manne aussi importante pèse forcément plus lourd que pour des confédérations économiquement mieux loties.
Le président de la FIFA ne s’en cache d’ailleurs pas : il présente lui-même sa proposition comme « une opportunité mais pas une obligation », une formule habile qui laisse à chacun le soin d’apprécier le rapport bénéfice-risque.
