Zinédine Zidane devient officiellement sélectionneur des Bleus. La Fédération française de football a acté ce mardi la succession de Didier Deschamps, quatorze ans après le sacre de 2012. Zizou prendra ses fonctions le 1ᵉʳ août, avec un premier rendez-vous fixé dès la campagne de Ligue des Nations.
On le pressentait depuis des années, on le savait inévitable depuis des mois : Zinédine Zidane dirigera l’équipe de France. Réuni ce mardi matin, le Comité exécutif de la FFF a validé la nomination à l’unanimité, sous l’impulsion de son président Philippe Diallo.
Fini les rumeurs, les sous-entendus glissés lors de chaque interview, les clins d’œil adressés aux Bleus pendant les célébrations de France 98 : Zizou a désormais un maillot bleu à faire vibrer, celui du banc. Il faut dire que le champion du monde 1998 n’a jamais caché son ambition.
Après son départ du Real Madrid en 2021, il a décliné les offres les plus prestigieuses – Premier League, retour chez les Merengues, autres cadors européens – en gardant un seul horizon en tête. Cette fidélité à un rêve unique force le respect, et elle donne à cette nomination une saveur particulière : celle d’un homme qui a attendu son heure sans jamais dévier.
Deschamps, quatorze années qu’on n’effacera pas
Impossible de parler de cette passation sans rendre hommage à celui qui s’en va. Arrivé en 2012 dans une sélection encore hantée par le fiasco de Knysna, Didier Deschamps a redonné une colonne vertébrale et une fierté à ce groupe.
Qualification retrouvée dès 2014, finale continentale en 2016 à domicile, sacre planétaire en Russie en 2018 : le bilan est colossal. Même la désillusion de l’Euro suivant n’a pas terni l’histoire, tant le Qatar 2022 a permis une remontada mémorable jusqu’à une finale perdue aux tirs au but face à Lionel Messi.
La sortie fut cruelle : élimination sèche contre l’Espagne (0-2) en demi-finale du Mondial 2026. Un dernier match raté pour clore un mandat XXL. Mais l’héritage tient debout, et Zidane n’hérite pas d’un chantier à reconstruire – plutôt d’une maison bien bâtie, à qui il va falloir donner un nouveau style.
Un palmarès qui ferme toutes les bouches
Si certains doutaient encore de la légitimité du choix, le CV de Zidane balaie l’argument. Entre 2016 et 2018, il a offert au Real Madrid trois Ligues des champions consécutives, un exploit qu’aucun autre technicien n’a réussi à l’ère moderne.

À cela s’ajoutent deux titres de champion d’Espagne, deux Supercoupes d’Europe, deux Supercoupes espagnoles et deux Coupes du monde des clubs. Son second passage, entre 2019 et 2021, confirme la constance : 68 victoires, 26 nuls, seulement 20 défaites.
Ce qui frappe surtout, c’est sa capacité à gérer les egos. Ronaldo, Bale, Modrić, Benzema : autant de personnalités fortes qu’il a su fédérer autour d’un objectif commun. Une compétence précieuse pour un vestiaire tricolore qui compte lui aussi son lot de stars mondiales, de Mbappé à Dembélé.
Quel avenir pour les Bleus ?
Le contrat court sur quatre ans, jusqu’au Mondial 2030. Entre-temps, Zidane devra négocier la Ligue des Nations dès cet automne, puis les qualifications à l’Euro 2028 – son premier grand tournoi sur le banc.
Son staff sera dévoilé en septembre, un détail qui alimentera forcément les spéculations tout l’été. La bonne nouvelle pour les supporters : le groupe qu’il récupère arrivera à maturité pile pour l’échéance de 2030. Zaïre-Emery n’aura que 24 ans, Doué 25, Olise et Koné approcheront la trentaine, pendant que Mbappé apportera à 31 ans toute son expérience à un collectif déjà prometteur. De quoi rêver, déjà, à ce que Zizou pourrait construire avec cette génération.