Coupe du monde 2038 : la France poussée à passer à l’action
Publié le 23 juin 2026
à 21h32

Coupe du monde 2038 : la France appelée à saisir sa chance avant qu’il ne soit trop tard

Coupe du monde 2038 : la France poussée à passer à l’action

Un document de 118 pages, commandé il y a près de deux ans, atterrit ce samedi entre les mains du gouvernement avec une conviction centrale : si la France ne se positionne pas maintenant, d’autres nations prendront sa place. Le décompte a déjà commencé.

Pendant que les caméras du monde entier scrutent les pelouses américaines pour le Mondial en cours, un pavé stratégique soigneusement préparé depuis décembre 2024 vient d’être officiellement transmis à Marina Ferrari, secrétaire d’État chargée des Sports, en marge de la finale du Top 14 au Stade de France. Son titre ne figure nulle part en une. Mais son contenu, lui, pourrait redessiner l’agenda sportif tricolore pour les vingt prochaines années.

À l’origine du projet : l’association Territoires d’événements sportifs (TES), née dans le sillage de l’Euro 2016 et qui fédère aujourd’hui une trentaine de collectivités ayant vécu de l’intérieur l’organisation de joutes planétaires.

C’est à elles que l’ancien titulaire du portefeuille ministériel Gil Avérous avait confié, il y a deux ans, une mission claire : dresser un état des lieux rigoureux des grandes enceintes du pays hors Stade de France et formuler des pistes d’action concrètes pour les années à venir.

« Face à la pénurie de candidatures et à l’accroissement du nombre, des formats et des exigences des compétitions, la France présente l’avantage d’être l’un des derniers pays en capacité d’organiser seul des événements de cette envergure. »
Extrait du rapport TES, recommandation n°7

Le diagnostic est sévère mais lucide : les stades tricolores accusent un retard croissant sur leurs homologues britanniques, allemands ou néerlandais.

La faute à un modèle de financement hybride public-privé mal coordonné, qui peine à débloquer des projets de rénovation ambitieux sans la perspective d’un grand rendez-vous sportif pour les justifier. La mécanique est connue : sans événement, pas d’investisseurs ; sans infrastructure, pas d’événement.

Ce que le rapport préconise


Postuler à l’Euro féminin 2033, à l’Euro masculin 2036, au Mondial 2038 Et, sous réserve que le format s’impose durablement, au Mondial des clubs FIFA à l’horizon 2033 ou 2037.


C’est précisément pour briser ce cercle vicieux que la septième des quinze préconisations du mémo enfonce le clou avec une clarté désarmante : engager dès maintenant une démarche de postulation pour les prochaines éditions majeures du football planétaire. En tête de liste, la Coupe du monde 2038.

Un horizon qui peut sembler lointain mais qui, dans la mécanique des attributions FIFA, exige une mobilisation immédiate.


Le scénario d’une co-organisation avec l’Allemagne est également évoqué non pas par manque de confiance envers la capacité hexagonale, mais pour deux raisons très concrètes : amplifier le poids d’un dossier déjà solide, et atténuer l’empreinte carbone d’une compétition dont la taille a considérablement enflé ces dernières éditions.

Après le précédent saoudien de 2034, qui a suscité de vives critiques sur le plan écologique et éthique, les auteurs du document plaident pour un retour à un modèle sobre, ancré dans les standards environnementaux actuels.


« Après l’Arabie saoudite en 2034 et l’inflation des formats, nous avons la conviction qu’il faudra revenir à un modèle d’organisation plus durable, respectueux des impératifs de la transition écologique. »

Un retournement de situation pourrait néanmoins compromettre l’ensemble du projet si le gouvernement temporise trop longtemps. D’autres nations guettent, et les fenêtres d’attribution ne restent pas ouvertes indéfiniment.

Selon nos informations, plusieurs fédérations européennes se positionnent discrètement sur les mêmes échéances. La fenêtre est étroite.


Les annexes du rapport

Les auteurs s’attaquent à un sujet politiquement épineux, la législation encadrant la vente de boissons alcoolisées au sein des enceintes sportives. L’article L. 3335-4 du code de la santé publique est jugé à la fois dépassé dans ses effets et inéquitable dans son application.

Le texte prône son assouplissement, voire sa suppression pure et simple, une proposition qui ne manquera pas de raviver un débat récurrent, aussi vieux que les tribunes elles-mêmes.


Marina Ferrari reçoit donc bien plus qu’un bilan technique. Elle hérite d’une vision stratégique et d’un agenda politique potentiellement clivant. Rien n’est encore acté à ce stade : le rapport devra franchir les filtres interministériels, convaincre Bercy des retombées économiques, et résister aux lobbys sportifs qui pourraient avoir d’autres priorités.

Lucas Delcourt
Article écrit par Lucas Delcourt

Journaliste sportif passionné par le football européen, je décrypte l’actualité des grands clubs, les performances des joueurs et les enjeux tactiques des compétitions majeures. À 35 ans, je mets mon expérience et mon regard analytique au service de Last Goal afin de proposer des contenus fiables, approfondis et accessibles à tous les passionnés de football.

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