Difficile d’imaginer plus belle image que celle-là. Quelques heures à peine après avoir décroché la deuxième étoile mondiale de son histoire, l’Espagne a plongé dans un bain de foule mémorable.
Madrid s’est parée aux couleurs de la Roja, ses avenues envahies par des milliers de supporters venus acclamer leurs champions. Sur le podium dressé pour l’occasion, les joueurs ont pu mesurer l’ampleur de leur exploit auprès d’un public en liesse, tandis que Luis de la Fuente, artisan discret mais essentiel de cette épopée, savourait lui aussi ce moment suspendu.
Après le titre européen glané en 2024, cette consécration mondiale vient sceller le retour de l’Espagne au sommet de la hiérarchie planétaire. Mais loin des confettis et des chants, les dirigeants espagnols ont déjà la tête tournée vers demain, avec une priorité clairement affichée : verrouiller durablement leur sélectionneur.
Un parcours de négociation qui n’a pas toujours été un long fleuve tranquille
Il faut pourtant se rappeler d’où l’on partait. Avant même le coup d’envoi du Mondial, les pourparlers autour d’une prolongation de De la Fuente traversaient des zones de turbulence. Lié à la fédération jusqu’à l’Euro 2028, le technicien avait pourtant largement fait ses preuves depuis sa prise de fonction.
Mais son ascension atypique, lui qui a gravi les échelons depuis les catégories espoirs où il cumulait déjà les trophées, avait initialement débouché sur un contrat loin d’être à la hauteur des grands noms du banc mondial. Ses succès en Ligue des Nations puis à l’Euro avaient certes fait évoluer la perception à son égard, mais revaloriser son statut n’avait rien d’une formalité.
Objectif 2030 : un nouveau bail à l’étude
D’après les informations du quotidien AS, la fédération espagnole a désormais placé la prolongation de Luis de la Fuente tout en haut de sa liste de priorités. Rafael Louzán, à la tête de la RFEF, ne cache plus sa conviction : le technicien actuel est, selon lui, l’homme parfait pour conduire le projet sportif espagnol jusqu’à l’horizon 2030, année particulièrement symbolique puisque l’Espagne co-organisera cette prochaine Coupe du Monde.
Une logique presque évidente aux yeux du dirigeant : voir le champion du monde en titre préparer lui-même le prochain grand rendez-vous de la sélection. En interne, l’ambition affichée est claire : négocier une extension de deux saisons supplémentaires pour accompagner De la Fuente jusqu’à ce Mondial ibérique.
Avant même la finale mondiale, Louzán avait d’ailleurs pris les devants en évoquant publiquement son souhait de rencontrer prochainement le sélectionneur et son entourage pour faire avancer ce dossier. Ses mots, rapportés par AS, ne laissaient guère de place au doute : le président espérait vivement voir son sélectionneur rempiler, rappelant avoir lui-même supervisé sa précédente prolongation, qu’il jugeait à l’époque « nécessaire et équitable ».

Avec en ligne de mire ce rendez-vous historique de 2030, Louzán avait exprimé le souhait sincère que Luis de la Fuente en soit l’un des protagonistes. Une méthode qui a fait ses preuves Si la fédération tient tant à prolonger l’aventure avec son sélectionneur, c’est avant tout parce que sa méthode a démontré toute son efficacité.
Depuis son arrivée, De la Fuente a bâti son succès sur des fondations solides : une relation de confiance avec ses joueurs, une proximité constante avec son groupe, et surtout une capacité rare à intégrer de nouveaux talents sans jamais déséquilibrer la mécanique collective.