Dans un entretien accordé à El País, le président du Real Madrid a brisé l’omerta sur la saison chaotique de Kylian Mbappé. Sa cible ? Les journalistes, qu’il tient pour responsables du climat délétère autour du Français. Une sortie calculée, à quelques heures d’un vote qui engage son avenir à la tête du club.
La semaine est décisive pour Florentino Pérez – et il le sait mieux que quiconque. Dimanche, les socios du Real Madrid sont appelés aux urnes pour désigner leur président. En face, Enrique Riquelme mène une campagne tonitruante, occupe le terrain médiatique et convainc des électeurs que l’on croyait acquis. Si Pérez reste favori dans les sondages, l’ambiance à la Castellana n’a rien d’un long fleuve tranquille.
Dans ce contexte électoral sous haute tension, plusieurs sujets cristallisent les divisions – à commencer par l’ouverture du capital du club à des investisseurs extérieurs, cheval de bataille de Pérez que Riquelme combat frontalement. Mais c’est un autre dossier qui empoisonne le plus l’atmosphère : celui de Kylian Mbappé. Après le sacre européen du PSG ce week-end, un titre qui a ravivé toutes les questions sur le départ du Bondynois vers Madrid, le président merengue a décidé de prendre la parole.
« Vous ne savez pas à quel point vous êtes méchants »
Face aux journalistes d’El País, Pérez n’a pas cherché à arrondir les angles. Interpellé sur les sifflets du Bernabéu à l’encontre de son propre numéro 10, il a désigné les médias comme premiers responsables :
« Il y a des journalistes… Vous ne savez pas à quel point vous êtes méchants quand vous écrivez. Et certains y croient. Mais le vrai madridista doit défendre ses joueurs. Si un jour il fait un mauvais match, il faut le soutenir. Cette saison, certains ont créé une influence très mauvaise auprès du public. »
Une attaque directe, sans détour et qui ne manquera pas de faire réagir. Car pointer la presse pour expliquer la désaffection d’une partie du public envers une recrue à 180 M€, c’est aussi reconnaître implicitement que quelque chose a déraillé. La question est de savoir quoi et qui porte la responsabilité.
Le positionnement au cœur du problème
Pour Pérez, l’explication sportive est là, et elle est simple. Mbappé a évolué toute sa carrière à Paris dans un rôle taillé sur mesure celui d’un attaquant axial, lancé dans la profondeur, libre de ses mouvements. Au Real Madrid, la configuration n’est pas la même. Vinicius Jr occupe le côté gauche, Rodrygo le droit et le Français s’est retrouvé à composer avec un espace réduit, dans un système qui ne lui convenait pas toujours.
« Il a joué à une position qui n’était pas la sienne au PSG. Et ça, ça l’a aussi déboussolé un peu », a reconnu le président, avant d’ajouter : « On va corriger les choses que nous pensons avoir mal faites. »
Un aveu de taille, qui tranche avec les discours triomphalistes qui avaient accompagné la signature du natif de Bondy l’été dernier. Mais Pérez assume et va même plus loin, en affirmant être convaincu que Vinicius et Mbappé peuvent coexister sur le terrain. Une association que beaucoup jugeaient incompatible tout au long de la saison.
Un discours calibré, mais qui ne convaincra pas tout le monde
Cette sortie médiatique, Mbappé l’appréciera c’est une certitude. Être défendu publiquement par son président, au moment où les critiques pleuvent, est un signal fort. Mais côté afición, la pilule risque de passer moins facilement. Rejeter la responsabilité des sifflets sur les journalistes, c’est aussi s’exonérer d’une saison décevante qui a coûté gros sportivement et financièrement. À quelques heures du vote, Pérez joue sa crédibilité sur tous les fronts à la fois. Un faux pas une déclaration de trop, une polémique relancée et c’est son avenir à la tête du Real qui pourrait basculer. Dimanche, les socios auront le dernier mot.
