On attendait une bataille équilibrée. On a assisté à une leçon. Longtemps considérée comme irrégulière depuis le coup d’envoi de cette Coupe du monde, la sélection espagnole a choisi le pire moment possible pour se montrer inarrêtable : une demi-finale, face à une équipe de France annoncée comme l’une des grandes favorites au titre.
Résultat : un Mbappé muselé, une attaque tricolore sans solution, et un score sans appel. La Roja n’a pas seulement gagné un match. Elle a envoyé un avertissement à tous ceux qui rêvent encore de soulever le trophée le 19 juillet.
De la Fuente joue déjà avec les nerfs de tout un continent
Sur le point d’écrire l’une des plus belles pages du football espagnol, Luis de la Fuente n’a pas résisté à la tentation de taquiner son adversaire de cœur.
Interrogé quelques heures avant le coup d’envoi du second choc, celui qui rêve visiblement d’un scénario particulier n’a rien caché de son envie : croiser la route de l’Argentine, celle de son ami de longue date, Lionel Scaloni.
De l’autre côté de l’Atlantique, la réponse ne s’est pas fait attendre. Face aux journalistes, à quelques instants de son propre rendez-vous décisif contre l’Angleterre, le sélectionneur argentin n’a pas caché son admiration. Pour lui, il n’y a pas de débat : la victoire espagnole est totalement méritée. Une progression constante, une justice sportive évidente, et surtout une prestation qu’il qualifie sans détour de plus aboutie de tout le tournoi pour la Roja.
Scaloni ne s’est pas arrêté à l’analyse tactique. Il a parlé de l’homme derrière le costume de sélectionneur, cette amitié sincère qui le lie à de la Fuente, cette admiration presque enviée pour ce que l’Espagne construit actuellement.
Il est même allé jusqu’à évoquer, avec un brin d’humour et beaucoup de tendresse, l‘idée d’un coup de fil à son ami en cas d’échec argentin ce soir. Une complicité rare entre deux hommes qui pourraient pourtant se retrouver adversaires dans quelques jours, sur la plus grande scène qui soit.
Tuchel, conquis en une seule mi-temps
Il n’aura fallu que quarante-cinq minutes pour convaincre Thomas Tuchel. Le technicien allemand, à la tête des Three Lions, avoue ne pas avoir suivi l’intégralité de la rencontre. Peu importe : ce qu’il a vu lui a suffi pour tirer son chapeau. Selon lui, plus l’enjeu grandit, plus l’Espagne semble grandir avec lui.

Un constat qu’il illustre par le parcours impressionnant réalisé par la Roja depuis le début de la compétition, une trajectoire qui donne presque l’impression d’une équipe insubmersible.
Au-delà de la tactique et des statistiques, c’est un autre mot qui revient dans la bouche du sélectionneur anglais : la bannière. Cette idée d’un collectif qui joue pour quelque chose de plus grand que lui-même, pour tout un pays. Une force que Tuchel semble redouter autant qu’il l’admire.